Apprendre à regarder un tableau

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Savoir analyser la composition d’un tableau

<b><i>Paul Cézanne, La Montagne Ste-Victoire vue de Bibemus, 1898</i></b>

"Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées" - Maurice Denis : Revue Art et Critique, août 1890.

Ainsi, bien regarder un tableau, c’est savoir analyser la touche, le dessin, les couleurs, les valeurs, la figuration de l’espace, l’expression du mouvement, qui sont autant de composantes contribuant à l’équilibre et donc à la réussite du tableau.

Etudions par exemple comment ces points sont traités par Paul Cézanne dans La Montagne Ste-Victoire vue de Bibemus

    La touche  : Cézanne pose la pâte de sa peinture à l’huile par touches successives au moyen de pinceaux plats. Au contraire de l’aspect lisse recherché dans la peinture classique, il obtient une facture délibérément fragmentée et hachée, qui accroche le regard et contribue à découper l’espace par plans.
    Le rapport dessin / couleurs  : pour Cézanne, la question de la subordination de la couleur par rapport au dessin ne se pose plus. Ici, le dessin délimite un ensemble de masses et de volumes qui agencent une division par plans. Celle-ci est obtenue par les touches de couleurs jouant sur un contraste de tonalités chaudes et froides. Considéré individuellement, chaque élément peint (un arbre, un rocher…) n’est pas délimité avec précision, sa représentation n’est pas réaliste car ces éléments n’ont de sens que parce qu’ils participent d’un tout et qu’ils servent à structurer l’espace du tableau.
    La figuration de l’espace  : la révolution cézannienne a consisté à déconstruire l’espace illusionniste à trois dimensions de la perspective classique (en vigueur depuis Brunelleschi au milieu du XVe siècle). Une fois la toile acceptée dans sa bidimensionnalité, les effets de profondeur sont obtenus grâce à des procédés picturaux autres: contrastes de couleurs pour signifier des échelonnements de plans, hachures variées pour signifier le volume, lumière intérieure au tableau émanant de sources diverses pour signifier la dimension temporelle éphémère de cette vue.
    Expression du mouvement  : l’animation du paysage, grâce à la conjugaison des procédés déjà cités, contribue d’autant à mettre en valeur la présence ambivalente de la montagne Ste-Victoire toute en majesté et pourtant si frêle.


L’œuvre ayant été analysée dans sa composition, vous allez maintenant vous attacher à son sens.


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